Les effets de la musique sur le cerveau

Les effets de la musique sur le cerveau

15.12.2018

La musique apaise, stimule, égaye... ou énerve. De récentes études montrent qu'elle influe sur la plasticité du cerveau. Précision avec le chercheur Emmanuel Bigand, spécialiste de la question.

La musique est omniprésente dans la vie quotidienne : publicité, radio, télévision, internet, commerces… Or la musique n’est pas sans influence sur l’être humain. Ecouter un morceau que l’on aime active ce que l’on nomme le « circuit de la récompense » qui se caractérise par la sécrétion de la dopamine (liée au plaisir et au désir), de l’ocytocine (liée à l’amour et à l’attachement), de la sérotonine (aux vertus anti-dépressives) et des endorphines (véritables shoots de bien-être et anti-douleur). Elle peut également jouer un rôle préventif : si l’on écoute souvent de la musique quand on est enfant, le cerveau devient d’autant plus riche
en ramifications, ce qui permet de compenser les processus de dégénérescence neuronale. Jouer d’un instrument se révèle donc particulièrement positif, y compris chez les seniors qui peuvent ainsi stimuler leurs capacités cognitives.

 

« La musique sollicite l’ensemble du cerveau et non uniquement une partie de celui-ci, contrairement au langage ».

 

 

Comment la musique peut-elle agir sur le cerveau ?
Nous sommes aujourd’hui capables de comprendre l’effet neurophysiologique de la musique : nous savons suivre le parcours du son, de l’oreille jusqu’au cerveau, et voir, grâce à une IRM, les effets de ces sons. La musique modifie les mécanismes biochimiques du cerveau qui est entièrement activé. Elle améliore la plasticité cérébrale et elle peut avoir des conséquences les jours et les mois suivant l’écoute.

 

La musique peut-elle donc contribuer à soigner certaines pathologies ?
Oui, car elle permet de restaurer le réseau de neurones. Elle agit ainsi dans les cas de traumatismes crâniens, de maladie de Parkinson ou encore d’aphasie. Des personnes qui ne parlaient plus se mettent à chanter. Des malades de Parkinson se mettent à danser.
La musique permet également d’obtenir de très bons résultats chez les malades d’Alzheimer : elle est souvent la dernière arme pour des cas où il n’y a plus beaucoup d’espoir… et les effets sont parfois fabuleux ! Certains communiquent à nouveau. La musique réengage des actions du cerveau qui étaient jusque-là inertes et que les médicaments échouaient à relancer.

 

Peut-on maîtriser les effets de la musique sur le cerveau ?
On sait qu’écouter de la musique en courant, par exemple, booste la performance. On sait également que faire écouter de la musique aux enfants améliore l’appréhension du langage et de la lecture grâce à la mise en place de schémas mentaux. Les études ont montré que chaque répertoire et chaque style provoquent des modifications différentes de la plasticité du cerveau. Mais une question reste en suspens : quelle musique peut répondre à telle ou telle demande du cerveau ?