Sport sur ordonnance, c'est parti !

Sport sur ordonnance, c'est parti !

29.07.2016

« Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière. » La recommandation résonne désormais dans toutes les têtes et personne n’oserait remettre en cause sa légitimité. Les vertus d’une activité physique, notamment pour les patients souffrant d’affection longue durée (ALD) sont telles qu’un amendement a été adopté pour instaurer le sport sur ordonnance.

En novembre dernier, l’Assemblée Nationale a signé un amendement permettant aux personnes obèses, asthmatiques, diabétiques, hypertendues ou en rémission de cancer de bénéficier de séances de sport prises en charge par la Sécurité sociale. Les élus nationaux ont ainsi entériné les résultats positifs de plusieurs expériences menées par la ville de Strasbourg ou par la Fédération française d’athlétisme qui propose depuis 2005 des séances à 10 000 patients sur recommandation de leur médecin traitant.


Lutter contre la sédentarité
On n’a jamais vu autant de coureurs à pied qu’aujourd’hui. Partout, les gens trottinent. Partout aussi, les gens marchent, fréquentent les salles de sport, se mettent au yoga ou à la gym. Pourquoi ? Parce que des campagnes de promotion de l’activité physique portent leurs fruits. Parce que l’on se rend vite compte par soi-même que faire du sport procure un indéniable bien-être physique et mental. D’ailleurs, l’activité physique peut désormais être prescrite sur ordonnance pour favoriser la convalescence et la vie quotidienne lorsqu’on est atteint de pathologie et d’affections de longue durée (ALD).


90 % des patients sortent d’une visite chez leur médecin avec une prescription médicamenteuse.

Le sport-médicament
Pionnière en la matière, la ville de Strasbourg a mis en place le dispositif depuis 2012 et constaté une amélioration significative du risque de rechute après un cancer du sein ou du côlon, un amaigrissement salvateur ou encore une réduction notable de la médication, souvent source d’effets secondaires.
Parce qu’il réduit la prise de médicaments et améliore l’état de santé général, le sport représenterait une économie annuelle de 56,2 millions d’euros pour la Sécurité sociale, d’après une étude de la Mutualité Française. Pratiquer une activité physique constitue un remède contre différentes pathologies (surpoids, hypertension, asthme…) et, dans le cas du cancer du sein, le pronostic vital est amélioré de 20 à 50 % à six mois lorsque
la patiente fait du sport !

+ de 80 % des médecins généralistes s’affirment favorables à la prescription d’une activité physique à leurs patients.

L’effort-réconfort
Au-delà des seuls bienfaits physiologiques, le sport se pare de vertus psychologiques. Une personne atteinte d’une maladie tend souvent à s’isoler ou à déprimer face à ses difficultés de santé. Pratiquer une activité physique encadrée, c’est rencontrer du monde, échanger, découvrir ses propres ressources physiques et mentales. A la clé : un meilleur moral, un dynamisme recouvré et une plus grande capacité à lutter contre la pathologie.


Athlé Santé la formule gagnante
Le programme dit « Athlé Santé » de la Fédération française d’athlétisme comprend des « créneaux santé ». Il permet de pratiquer la marche nordique, la remise en forme ou le running sous l’égide d’un animateur diplômé qui sait comment adapter l’activité à chaque personne. Les vertus sont nombreuses : amélioration des constantes biologiques, réduction de la tension artérielle, diminution des risques cardio-vasculaires, oxygénation liée à la pratique en plein air, mobilisation de toutes les chaînes musculaires….
Infos sur www.athle.org rubrique Santé/Loisir)

La sédentarité en hausse chez les 18-24 ans
La sédentarité est le fait de rester de plus en plus longtemps en position assise au cours de la journée. Ecrans, jeux vidéo, les jeunes font 2000 pas de moins que le quota de 10000 pas conseillé par l’OMS. Dans tous les cas, les 18-24 ans sont moins actifs que les 55-64 ans. 46 000 décès sont liés chaque année à la sédentarité.

L’ordonnance du médecin généraliste.
Le patient consulte son médecin traitant qui lui donne une ordonnance pour des activités physiques adaptées (APA) et l’oriente vers une équipe d’animateurs spécialisés.

Diagnostic de sédentarité et programme de sport santé
Muni de son ordonnance, le patient prend rendez-vous avec un animateur sportif qui établit un diagnostic de sédentarité et conçoit un programme de sport santé. Un suivi médical régulier est instauré.