Aérer chez soi, le premier geste santé dans la maison
Maison, bureau, transports, courses, loisirs... Nous passons la majeure partie du temps dans des espaces fermés. Or l’air intérieur est souvent plus pollué que l'air extérieur, et notamment l'air de nos logements !
La raison ? Plusieurs sources de polluants peuvent s'y accumuler malgré nous.
La parade ? Renouveler l'air au quotidien et prendre quelques précautions.
L'information sur le sujet reste encore insuffisante, nous vous proposons de faire ensemble le tour de la maison pour découvrir les principales émissions de polluants intérieurs et les solutions simples à mettre en place.
NOS POLLUANTS INTÉRIEURS
Le plus souvent inodores et incolores, les polluants dans la maison sont difficiles à appréhender à moins d'être bardé de capteurs. Ils sont cependant bien présents et peuvent être identifiés à partir des sources d’émission. Ils représentent des risques plus ou moins importants sur la santé des adultes mais surtout sur la santé des enfants en cours de développement et des personnes atteintes de pathologie respiratoire.
3 familles de polluants sont présents dans l'air intérieur :
• les biologiques ou allergènes : acariens, moisissures, poils d'animaux...
• les chimiques avec :
- les composés organiques volatils (COV) émis par certaines matières et produits neufs,
- le dioxyde de carbone (CO2) émis par la respiration humaine,
• les physiques (particules fines PM) qui sont des micro-poussières produites par la combustion principalement.
Ces émissions sont polluantes car elles ont de réelles conséquences sur la santé :
- ponctuellement, elles provoquent toux et migraines...
- à plus long terme, elles peuvent contribuer à la survenue d'asthme, de bronchites, de maladies respiratoires chroniques...
Dans la cuisine : ça chauffe, ça cuit, ça grille !
Au cœur de la maison, se situe la cuisine. On y prépare des plats et on y prend les repas. Fermée ou ouverte sur une pièce à vivre, la cuisine concentre les appareils de cuisson, et ainsi les principales sources d'émissions de polluants physiques lorsqu'ils sont en fonctionnement. Plaque, four, grille-pain, friteuse, airfryer, crêpière : tous émettent des particules fines dues à la combustion.
Prendre l'habitude d'ouvrir la fenêtre de temps en temps au cours de la préparation du repas évite la concentration d'air nocif. Gardons en tête que la nécessité varie en fonction du mode de cuisson : Faire sauter des aliments à la poêle provoque plus d'émissions que la cuisson vapeur ou en cocotte. Par ailleurs, une hotte aspirante au-dessus de la plaque de cuisson permet d'extraire les fumées de cuisine ou la vapeur. Elles filtrent et recyclent l'air ambiant. Les plus efficaces sont branchées à une évacuation d'air vers l'extérieur. Enfin, concernant les cuisinières à gaz qui fonctionnent en émettant du dioxyde d'azote (NO2), la réglementation exige une ventilation haute et basse spécifique dans la cuisine.
Salle de bain : refresh please !
Autre point sensible de la maison, la salle de bain où se concentre l'humidité en premier lieu mais aussi une belle diversité de ce qu'on appelle les composés organiques volatils ou COV provenant les produits qu'on y utilise couramment.
On le sait, l'humidité est propice au développement de moisissures qui apparaissent aux coins des faïences, des sanitaires et dans les angles de la pièce. La vapeur d'eau chaude venant se condenser sur les surfaces (murs, miroirs) plus froides, il est primordial de sécher la salle de bain après son utilisation. La VMC n'est pas toujours suffisante pour cela. Ouvrir la fenêtre, si elle en est dotée est un bon moyen de l'aérer mais pas toujours de la sécher. Laisser la salle de bain simplement ouverte est un moyen simple d'éviter le confinement humide et de la garder saine.
De plus, sans s'en rendre toujours compte, on utilise dans la salle de bain, toutes sortes de produits d’hygiènes et de cosmétiques : crèmes, soins capillaires, produits de rasage, déodorants, parfums... A chaque utilisation, ces produits libèrent des composés organiques volatils (COV). Les composants tels que éthanol, acétone ou terpènes sont nocifs en grande concentration, il est donc recommandé de les disperser rapidement en ventilant la pièce et de préférer des produits d'hygiène solides (savon, shampoing) et dénué d'odeur.
Bien ventiler son logement, c'est ouvrir fenêtres et portes 5 à 10 min chaque jour !
La manière la plus efficace et rapide de renouveler l'air ambiant de son logement est de créer un courant d'air traversant. Pour cela, il faut ouvrir en grand fenêtres et portes intérieures afin que l'air circule dans toutes les pièces, sans oublier les pièces d'eau, salle de bain et toilettes.
En quelques minutes, l'air se renouvelle dans toutes les pièces.
En opérant ainsi en hiver, on limite aussi la déperdition de chaleur car l'inertie des murs et des meubles permet de retrouver rapidement une bonne température une fois les fenêtres refermées. Cette pratique s'avère moins énergivore que de laisser une fenêtre ou un oscillo-battant entrouvert plusieurs heures.
Produits de nettoyage et bricolage : au placard !
Javel, lessive, encaustique, cirage, alcalin, détachant, peintures et colles... À chaque produit sa spécialité mais aussi son lot d'émissions nocives. Pour éviter la propagation de nombreux composés organiques volatils dans votre intérieur, mieux vaut les utiliser devant une fenêtre ouverte, sur un balcon et les stocker dans un placard dédié.
Pour certains, il est aussi possible d'opter pour des alternatives moins délétères telles que le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude ou la terre de Sommières...
Pour tout travaux de peinture, papier-peints ou vernis, travailler fenêtres ouvertes et ventiler les pièces concernées plusieurs jours avant de les occuper.
Le propre ne sent rien
Pour garder un air intérieur sain, les parfums d'intérieur sont à éviter. Encens, bougie parfumée, vaporisateur d'huiles essentielles, bâtonnets imbibés de parfums... Quelle que soit leur forme, tout produit contenant un parfum implique la présence de polluants (acroléine, limonène…) pouvant irriter les voies respiratoires ou les yeux et certains sont même cancérigènes comme le benzène.
Mieux vaut s'en passer, même pour masquer de mauvaises odeurs.
Pièce à vivre, chambre : laissez le neuf respirer dehors
Nouveau canapé, nouvelle literie, nouveau parquet, nouvelle déco... Là encore, de nombreux composés organiques volatils (COV) sont contenus dans les textiles techniques et les matériaux dont le formaldéhyde, et se trouvent libérés lors du déballage dans la maison. Or ce "dégazage" peut durer plusieurs semaines. Si vous le pouvez, déballez vos achats de meubles ou d'aménagement, et stockez-les 24 heures minimum dans un lieu ventilé (garage, balcon) avant de les installer à l'intérieur.
S'il s'agit de meubles et objets destinés à une chambre de nouveau-né ou d'enfant, la durée de dégazage recommandé est de plusieurs semaines.
En savoir plus la pollution de l'air intérieur