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Personne excédée par le bruit d'un chantier en face

Le bruit : une pollution invisible mais nuisible pour la santé

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Prévention
5 min

Les manœuvres d'engins de chantier, le bourdonnement des terrasses ou la proximité d'une voie de circulation, la vie quotidienne fourmille de milles bruits, souvent perçus comme une gène occasionnelle alors qu'ils constituent une véritable pollution aux effets délétères sur la santé. Cette nocivité encore trop souvent sous-estimée mérite notre attention individuellement mais aussi collectivement.
 

Pollution sonore : un impact physique et nerveux

Longtemps considéré comme une simple nuisance, le bruit est désormais catalogué parmi les pollutions. En effet, les conséquences sur la santé d'une exposition excessive et répétée au bruit sont dorénavant reconnues par le monde médical et par l'Office mondial de la santé (OMS). Les impacts peuvent être immédiats et temporaires (augmentation de la fréquence cardiaque, agitation, capacité d’attention et de mémorisation amoindrie, réduction du champ visuel…) mais aussi de long terme (anxiété, fatigue physique et nerveuse, insomnie, hypertension, perte d’audition, acouphènes…).
Les conséquences sur la santé sont telles que le coût social du bruit est estimé à 57 milliards d’euros par an en France et l’Observatoire régional de la santé d’Île-de-France estime que le bruit ferait perdre 7 mois d’espérance de vie en bonne santé aux habitants de la région parisienne.
 

Le bruit, c'est : 
• la 1ère source de nuisance environnementale déclarée en France selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

• le 2e facteur environnemental de cause de maladies en Europe occidentale, juste après la pollution atmosphérique selon l’OMS.


L’organisme ne s’habitue pas au bruit

En France, selon l’Ademe, 9 millions de personnes vivent dans des zones exposées à des bruits excessifs, c’est-à-dire excédant le seuil de 65 dB. Les sources principales sont le trafic routier (89 %), puis le trafic ferroviaire (9 %) et le trafic aérien (2 %). Contrairement à une idée très répandue, on ne s’habitue pas à un environnement bruyant. Si, dans la journée, le voisinage d’un terrain de jeux, d’un atelier de mécanique ou d’un entrepôt de livraison semble tenable, il peut s'avérer délétère à la longue. 

Les études mettent en évidence les effets persistants du bruit sur l’organisme de populations vivant à proximité d’une autoroute ou d’un aéroport, notamment pendant le sommeil. Les nuisances sonores la nuit se font plus particulièrement nocives. De plus, dans le calme relatif de la nuit, d’autres sources sonores se trouvent amplifiées, tels les moteurs des systèmes de ventilation ou de climatisation placés dans une cour, ou encore le lave-linge du voisin programmé en heures creuses qui tambourine en fin de cycle. En effet, lorsqu’on dort, l’ouïe n’est pas mise en veille, les bruits modifient le métabolisme et les cycles du sommeil avec, à terme, une augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires. 
 

Echelle de risque sur le bruit


Du subjectif au cumulatif

Si le bruit est mesurable et donc objectivable, la gêne provoquée et l’impact psycho-physiologique impliquent cependant une part d’appréciation subjective. On le constate facilement : la tolérance aux bruits varie beaucoup selon le contexte socioculturel, la profession ou le type de quartier, rendant ainsi son appréciation difficile.  Elle dépend aussi de l'attention que l'on y porte : on tolère toujours mieux le bruit dont on est l’auteur que celui dont on est victime. 
Par ailleurs, on le constate sans peine, la tolérance au bruit diminue avec l’âge que l'on ait ou non des problèmes auditifs qui peuvent modifier la réception de certaines fréquences. 
Toutefois, face au bruit, il faut garder en tête que l’exposition à l’ensemble des bruits a un effet cumulatif sur le système nerveux, et que stress et bruits tendent à s'additionner.
 

Le bruit : un enjeu important pour les hôpitaux et les établissements de santé
Ces établissements se doivent de protéger leurs patients résidents tant à l’intérieur (monitoring, perfusions, chariots...) qu’à l’extérieur (trafic automobile, livraisons, ambulances, travaux...) car le repos et le sommeil sont des facteurs essentiels à une amélioration du bien-être et à la guérison.


Prendre soin de l’environnement sonore

Isolation acoustique, double vitrage, casque antibruit ou bouchons d’oreille : les parades pour protéger notre santé face au bruit sont loin d’être aisées à mettre en œuvre. 

À titre particulier et individuel, il n'est jamais trop tard pour porter une attention particulière aux bruits que l'on produit autour de soi et pour s'efforcer d'en diminuer la portée. Baissons le volume de la musique et des écrans, ajoutons des embouts en feutre sous les chaises et les meubles, et soyons « urbain » en prévenant nos voisins lorsqu’on programme un week-end bricolage ou une fête chez soi.

À titre citoyen, le bruit fait l’objet de nombreuses réglementations et l'on peut s’appuyer sur un large panel de mesures de protection à faire valoir auprès de ses voisins, de sa commune, voire à l’État...


MESURER LE BRUIT ENVIRONNANT AVEC L'APPLI NOISECAPTURE

NoiseCapture est une application Android gratuite et open source qui permet de mesurer le bruit à partir du micro de son smartphone et de visualiser la mesure sur la carte du bruit NoisePlanet. 
L'application est développée par l’Université Gustave Eiffel et le CNRS dans le cadre d'un projet de science participative.
 

https://noise-planet.org/map_noisecapture/index.html#17/48.84765/2.28253/


Lien vers le site NoiseCapture 

 

Voisins bruyants, comment régler le problème à l'amiable ?

Les nuisances dues à des voisins bruyants sont dites "bruits de comportement" et comptent toute nuisance sonore provoquée par une personne, un animal, une machine ou autres objets. Pour constituer un trouble de voisinage en journée, le bruit doit être répétitif, intensif ou durer dans le temps. De nuit, entre 22h et 7h, on parle de tapage nocturne dès lors que le voisin a conscience de la gêne qu'il provoque et n'agit pas pour y mettre un terme.

 

Discuter et écrire :

Pour régler le problème, la première étape consiste à s'entretenir avec la personne responsable du trouble et lui faire entendre la gêne vécue. Si la nuisance persiste, écrivez à votre voisin en lui rappelant vos discussions précédentes et le cadre légal s'appliquant à votre situation. Commencez par un courrier simple avant d'envoyer une lettre recommandée.
 

Recourir à une médiation : 

Si ces démarches ne suffisent pas, sollicitez votre maire ou les services communaux d'hygiène et santé qui sont compétents pour constater le trouble, rencontrer votre voisin et tenter une conciliation. Vous pouvez également contacter un médiateur ou conciliateur de justice, une étape devenue obligatoire avant l'éventuel dépôt d'une plainte au tribunal pour obtenir réparation.


 

En savoir plus sur le bruit 

Le Centre d’information sur le bruit ou CidB est une association loi 1901 créée en 1978 et reconnue d’utilité publique depuis 2007. 
Il met en œuvre différents types d’actions pour faciliter la prise en compte du bruit et de ses effets sur l’Homme dans son environnement, à son domicile, au travail, à l’école, dans ses loisirs...

 

 

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